
Formation Ecole Doctorale - Université de Bordeaux - 05-06-2026
PUD_Bx - COMPTRASEC - Université de Bordeaux & Réseau so-maté
LabPsy - UR4139, Université de Bordeaux & Réseau so-maté
Séance 1 : - Comprendre les données
- Construire et vérifier les variables
- Décrire une variable
Séance 2 : - Analyser des relations entre variables qualitatives
- Tableaux croisés, proportions, khi², intervalles de confiance
Séance 3 : - On travaille maintenant avec des variables quantitatives
- Mais toujours la même logique
question → données → analyse → interprétation
Aujourd’hui, nous allons apprendre à :
Répondre à une (ou des) hypothèse(s)
formulée(s) a priori
Avec des variables quantitatives, deux questions reviennent souvent :
1. Deux variables quantitatives
Les individus les plus satisfaits de la répartition des tâches sont-ils aussi les plus satisfaits de leur relation ?
→ Corrélation
2. Une variable quantitative et des groupes
La satisfaction vis-à-vis de la répartition des tâches est-elle la même chez les femmes et les hommes ?
→ Comparaison de moyennes
Ce sont les deux situations que nous allons étudier aujourd’hui.
Toutes les variables numériques ne se ressemblent pas
Exemples :
Toutes ces variables utilisent des nombres
Mais :
- Ces nombres n’ont pas la même signification
- Les échelles de mesure sont différentes
- Les lois statistiques qui les régissent sont différentes
Certaines variables mesurent directement une quantité :
D’autres correspondent à des échelles :
Question :
Peut-on toujours les analyser comme des variables quantitatives ?
En théorie :
Dans de nombreuses disciplines (Psychologie, Sciences de l’éducation, santé ou sciences sociales) les variables ordinales sont souvent analysées comme des variables quantitatives.
Pourquoi ?
Traiter un score comme une variable quantitative revient souvent à supposer que :
Exemple :
La différence entre 2 et 3 est proche de celle entre 8 et 9
Cette généralisation est souvent jugée raisonnable pour les échelles comportant de nombreuses modalités.
Traiter une échelle comme quantitatif est un choix de modélisation,
pas une propriété intrinsèque de la variable.
Satisfaction de la relation (OC_SATREL)
Échelle allant de :
0 = très insatisfait
à
10 = très satisfait
Accord avec une affirmation (VA_DIFFAGE)
1 = D’accord
2 = Plutôt d’accord
3 = Ni d’accord ni pas d’accord
4 = Plutôt pas d’accord
5 = Pas d’accord
Question :
Peut-on analyser ces deux variables exactement de la même manière ?
Les deux variables utilisent des nombres mais leur interprétation n’est pas nécessairement identique.
Si on accepte l’idée que :
Et que :
Alors elle peut être analysée comme quantitative.
Si l’écart entre les modalités est considéré comme différents :
D’accord < Plutôt d’accord < … < Pas d’accord
La variable est alors analysée comme qualitative.
Il n’existe pas de règle universelle.
On raisonne plutôt en termes de dégré d’approximation
En général :
C’est pourquoi certaines variables sont presque toujours traitées comme quantitatives (âge, revenu, durée, etc.),
alors que d’autres font davantage l’objet de discussions (satisfaction, opinion, accord avec une affirmation).
Le choix dépend :
Selon les domaines :
Une bonne analyse n’est pas celle qui applique automatiquement une méthode, mais celle qui explicite les hypothèses sur lesquelles elle repose.
Données de l’enquête ERFI mise à disposition librement par l’INED car les données sont anonymisées.
Nous allons utiliser les variables suivantes :
Comme lors des séances précédentes :
Avant d’interpréter un chiffre, il faut comprendre les données qui ont produit ce chiffre.
Une moyenne ou une corrélation seules ne suffisent jamais.
Jusqu’à présent :
Aujourd’hui deux variables quantitatives.
Exemple :
Les personnes les plus satisfaites de la répartition des tâches sont-elles aussi les plus satisfaites de leur relation ?
Variables :
OA_SATREP (Satisfaction de la répartition des tâches ménagères avec le conjoint) et OC_SATREL (Satisfaction de la relation avec votre conjoint)
Comme pour les tableaux croisés en séance 2 :
On commence toujours par regarder les données.
Lorsque deux variables sont quantitatives :
Objectif :
visualiser la relation entre les deux variables.

Questions
Avant de calculer quoi que ce soit, il faut regarder les données.
On observe que :
- les points ne semblent pas répartis complètement au hasard ;
- une tendance générale apparaît : lorsque la satisfaction vis-à-vis de la répartition des tâches augmente, la satisfaction vis-à-vis de la relation tend également à augmenter
La relation semble globalement positive.
Cependant :
- tous les points ne sont pas alignés ;
- des individus ayant la même satisfaction concernant la répartition des tâches peuvent avoir des niveaux de satisfaction relationnelle différents.
L’association semble donc positive, mais imparfaite.
Question : Comment mesurer l’intensité de cette relation par un seul nombre ?
Une corrélation permet de répondre à 3 questions :
Une corrélation ne permet pas :
La corrélation résume une tendance observée dans les données.
Relation positive
Quand X augmente, Y tend aussi à augmenter.
Relation négative
Quand X augmente, Y tend à diminuer.
Absence de relation
Aucune tendance claire n’apparaît.
La corrélation cherche à résumer cette tendance.
Les premiers travaux sur la corrélation apparaissent à la fin du XIXe siècle.
Plusieurs chercheurs jouent un rôle important :
Ils cherchent à répondre à une question simple :
Comment mesurer la force d’une relation entre deux variables ?
Aujourd’hui encore, les coefficients de Pearson, Spearman et Kendall sont parmi les outils les plus utilisés.
La covariance mesure :
La tendance de deux variables à varier ensemble.
Mais :
Sa valeur dépend des unités de mesure.
Elle est donc difficile à interpréter directement.
La corrélation peut être vue comme :
Une covariance standardisée.
Cette standardisation permet :
On obtient alors un coefficient compris entre -1 et +1.
Le coefficient de corrélation peut prendre des valeurs comprises entre :
Plus la valeur est proche de :
La corrélation mesure le sens et l’intensité d’une association.
Quelques repères souvent utilisés :
| Corrélation | Interprétation |
|---|---|
| 0 à 0,10 | très faible |
| 0,10 à 0,30 | faible |
| 0,30 à 0,50 | modérée |
| 0,50 à 0,70 | forte |
| > 0,70 | très forte |
Ces seuils sont des repères fréquemment utilisés mais ne constituent pas des règles universelles.
L’interprétation dépend toujours de la question de recherche, du domaine scientifique et de la qualité des mesures réalisées.
Une corrélation de : r = 0
ne signifie pas forcément :
Qu’il n’existe aucun lien entre les variables.
Elle signifie seulement :
Qu’aucune relation linéaire n’est observée.
Certaines relations non linéaires peuvent conduire à une corrélation proche de 0.
Déjà explorée visuellement à l’aide des histogrammes
Le test de Shapiro-Wilk permet de compléter cette inspection graphique.
Question :
On obtient : r = 0.52
Cela signifie :
Une corrélation peut refléter :
Question :
Les personnes plus satisfaites de leur relation évaluent-elles mieux le partage des tâches ?
ou
Un meilleur partage des tâches améliore-t-il la relation ?
Les données ne permettent pas de répondre directement.
Comme pour le khi² :
on peut tester si la corrélation observée est compatible avec l’hypothèse d’absence de relation.
Hypothèse nulle : H0 : corrélation = 0
Hypothèse alternative : H1 : corrélation ≠ 0
Pearson's product-moment correlation
data: DF3$OA_SATREP and DF3$OC_SATREL
t = 38.993, df = 4017, p-value < 2.2e-16
alternative hypothesis: true correlation is not equal to 0
95 percent confidence interval:
0.5012058 0.5460748
sample estimates:
cor
0.5240038
Questions
Comme pour une proportion :
la corrélation observée dans l’échantillon est une estimation.
L’intervalle de confiance indique :
quelles valeurs de corrélation sont plausibles dans la population.
Plus l’intervalle est :
On obtient :
Que signifie ce résultat ?
La Corrélation est :
Les personnes les plus satisfaites de la répartition des tâches tendent également à être plus satisfaites de leur relation.
L’intervalle de confiance ne contient pas 0 :
les données sont peu compatibles avec l’hypothèse d’absence de relation.
Cette corrélation ne signifie pas que :
la satisfaction du partage des tâches cause directement la satisfaction relationnelle.
Plusieurs explications sont possibles :
La corrélation mesure une association, pas une causalité.
Ce n’est pas la méthode d’analyse statistique qui indique la possibilité d’une relation de causalité ou corrélationnelle…
… mais le design de l’étude !!
Étudier la relation entre :
Avant de choisir un coefficient de corrélation, plusieurs éléments méritent d’être examinés.
Jusqu’ici, nous avons utilisé :
la corrélation de Pearson.
Mais il existe plusieurs façons de mesurer une relation entre deux variables.
Les plus utilisées sont :
Question :
Pourquoi plusieurs coefficients de corrélation existent-ils ?
Avant de choisir une méthode :
Tous les coefficients de corrélation cherchent à répondre à la même question :
Existe-t-il une association entre deux variables ?
Mais ils ne reposent pas sur les mêmes hypothèses.
Ils ne réagissent pas de la même façon :
La corrélation de Pearson mesure :
l’intensité d’une relation linéaire entre deux variables.
Elle est particulièrement adaptée lorsque :
La normalité des distributions est souvent vérifiée, mais Pearson reste généralement robuste à des écarts modérés à cette hypothèse, en particulier quand les effectifs sont importants.
La corrélation de Pearson est sensible :
Une seule observation très atypique peut parfois modifier fortement le résultat.
Regarder et corriger les données reste indispensable.
La corrélation de Spearman repose sur une autre idée.
Au lieu d’utiliser directement les valeurs observées :
Elle utilise leur rang.
Exemple :
| Valeur | Rang |
|---|---|
| 2 | 1 |
| 5 | 2 |
| 8 | 3 |
| 10 | 4 |
Spearman compare donc principalement :
L’ordre des observations selon les valeurs des 2 variables.
Travailler sur les rangs présente plusieurs avantages :
Reprenons notre exemple :
OA_SATREP)OC_SATREL)Les deux variables sont mesurées sur une échelle allant de 0 à 10.
On observe :
Question : Faut-il utiliser Pearson ou Spearman ?
Pearson
Spearman
Question :
Les deux coefficients conduiront-ils à la même conclusion ?
Pearson's product-moment correlation
data: DF3$OA_SATREP and DF3$OC_SATREL
t = 38.993, df = 4017, p-value < 2.2e-16
alternative hypothesis: true correlation is not equal to 0
95 percent confidence interval:
0.5012058 0.5460748
sample estimates:
cor
0.5240038
| Méthode | Corrélation |
|---|---|
| Pearson | 0.52 |
| Spearman | 0.52 |
Questions
Lorsque :
C’est fréquemment le cas avec :
Les différences deviennent plus importantes lorsque :
Dans ces situations :
le choix du coefficient devient plus important.
Lorsque Pearson et Spearman donnent des résultats très proches :
les conclusions sont généralement robustes au choix du coefficient.
Lorsque les résultats diffèrent fortement :
Comparer plusieurs approches est parfois une façon de tester la robustesse d’un résultat.
ATTENTION : ne pas tout tester pour ne pas créer de faux-positifs.
Un autre coefficient de corrélation existe : le coefficient de Kendall (τ).
Comme Spearman :
Il est souvent utilisé :
En pratique :
En pratique, Spearman et Kendall donnent souvent des résultats proches.
# Correlation Matrix (spearman-method)
Parameter | VA_DROITHOMO_rec | VA_EFTAUTO | VA_MERSEUL | VA_DEUXPAR
--------------------------------------------------------------------
VA_MARIDEP | 0.07*** | 0.05* | 0.14*** | -0.14***
VA_COHAB | 0.12*** | 0.08*** | 0.23*** | -0.10***
VA_MARITJS | -0.11*** | 0.04* | -0.14*** | 0.29***
VA_DIVORC | 0.11*** | 0.06** | 0.24*** | -0.11***
VA_FEMENF | -0.11*** | 0.09*** | -0.10*** | 0.32***
VA_HOMENF | -0.09*** | 0.07*** | -0.10*** | 0.30***
VA_DEUXPAR | -0.17*** | 0.13*** | -0.13*** |
VA_MERSEUL | 0.12*** | 0.12*** | |
VA_EFTAUTO | -0.01 | | |
Parameter | VA_HOMENF | VA_FEMENF | VA_DIVORC | VA_MARITJS | VA_COHAB
----------------------------------------------------------------------
VA_MARIDEP | -0.07*** | -0.05** | 0.08*** | -0.21*** | 0.22***
VA_COHAB | -0.09*** | -0.08*** | 0.32*** | -0.21*** |
VA_MARITJS | 0.22*** | 0.22*** | -0.20*** | |
VA_DIVORC | -0.10*** | -0.09*** | | |
VA_FEMENF | 0.86*** | | | |
VA_HOMENF | | | | |
VA_DEUXPAR | | | | |
VA_MERSEUL | | | | |
VA_EFTAUTO | | | | |
p-value adjustment method: Holm (1979)
La matrice de corrélation indique que l’ensemble des variables sont corrélées et donc partagent une part de variance commune.
2 variables sont extrêmement corrélées : VA_HOMENF et VA_FEMENF : rho = 0.86.
Dans une matrice de corrélation :
une variable est parfaitement corrélée avec elle-même.
ATTENTION : Ce sont toujours des corrélations 2 à 2…
On observe :
VA_FEMENF et VA_HOMENF (ρ = 0,86) ;Cela suggère que :
La matrice permet ainsi de repérer rapidement les variables les plus liées entre elles.
Une matrice de corrélation est un outil d’exploration.
Elle permet de repérer :
Mais elle ne suffit pas pour conclure :
Elle sert surtout à orienter l’interprétation.
Une matrice de corrélation peut être difficile à lire.
On peut la représenter sous forme graphique :
un corrélogramme.
Dans un corrélogramme :
Questions
La matrice de corrélation permet de passer :
d’une analyse variable par variable
à :
une vision d’ensemble des relations entre variables.
Elle peut aider à :
Depuis le début de cette séance, deux types de questions.
1. Relier deux variables quantitatives
Les personnes les plus satisfaites du partage des tâches sont-elles aussi les plus satisfaites de leur relation ?
Outil principal : corrélation.
2. Comparer une variable quantitative entre plusieurs groupes
La satisfaction de la relation est-elle la même chez les femmes et les hommes ?
Outils principaux : comparaison de moyennes (test t, ANOVA, etc.).
Le choix dépend toujours du type de variables étudiées.
Jusqu’ici :
Nous allons maintenant étudier :
Exemple :
Les femmes et les hommes déclarent-ils le même niveau de satisfaction dans leur relation ?
Variable quantitative :
OC_SATREL
Variable qualitative :
MA_SEXE
Question :
Les femmes et les hommes présentent-ils le même niveau moyen de satisfaction relationnelle ?
Comme pour la corrélation :
on commence toujours par explorer les données.
Avant toute comparaison, il est utile de vérifier :
Une moyenne seule ne raconte jamais toute l’histoire.
Avant de calculer une moyenne :
observons la distribution des données par groupe.

Questions :
Avant de tester, il faut comprendre ce que montrent les données.
Le graphique suggère que :
S’il existe une différence, elle paraît relativement faible.
Mais une impression visuelle ne suffit pas.
Comment déterminer si cette différence est compatible avec le hasard ?
Une première approche consiste à calculer :
Questions :
Peut-on déjà conclure à une différence entre les groupes ?
On obtient :
L’écart observé est d’environ :
0,3 point sur une échelle de 0 à 10.
Question :
Cette différence reflète-t-elle une véritable différence entre les groupes ?
ou
Peut-elle simplement s’expliquer par les fluctuations d’échantillonnage ?
Comme une proportion ou une corrélation :
une moyenne observée dans l’échantillon n’est qu’une estimation de la moyenne dans la population.
Elle est donc soumise à une incertitude d’échantillonnage.
Cette incertitude peut être résumée par :
Le test t repose précisément sur cette logique.
Observer une différence ne suffit pas.
Nous devons également évaluer :
Nous allons donc utiliser :
le test t de Student.
Nous observons une différence de moyenne.
Mais observer une différence ne suffit pas à conclure.
Même si deux groupes ont exactement la même moyenne dans la population :
peut-on observer une différence dans un échantillon ? Pourquoi ?
Oui. Parce qu’un échantillon n’est qu’une partie de la population.
Les moyennes observées varient naturellement d’un échantillon à l’autre :
Toute différence observée n’est donc pas nécessairement une différence réelle.
Imaginons deux situations :
Mais :
→ Une même différence n’a donc pas la même signification selon la variabilité des données.
Pour interpréter une différence, il faut tenir compte :
Le test \(t\) cherche à répondre à une question simple :
La différence observée entre les moyennes est-elle plus grande que ce que l’on pourrait attendre par hasard ?
Comme pour le khi² ou la corrélation, on compare :
Hypothèse nulle :
les deux groupes ont la même moyenne dans la population.
Le test t met donc en regard :
Le t de Student permet de comparer des moyennes selon deux groupes (maximum)
Les deux groupes peuvent être exclusifs - comparaisons inter-groupes (ex. difficile d’être jeune et âgé en même temps…)
Les deux groupes peuvent comprendre les mêmes observations sur 2 temps de mesures - comparaisons intra-groupes
Il est également possible de comparer la moyenne d’un groupe à une valeur fixe (constante) - comparaisons pour échantillon unique
D’où ça vient ?
Du début du XXe siècle par William Gosset (alias Student)
employé par la brasserie Guiness…
Comparer la satisfaction (moyenne) de la relation selon le sexe.
Il s’agit donc d’un test \(t\) pour échantillons indépendants (ou inter-groupes)
Vérifier si les variances se répartissent de façon homogène autour de la valeur moyenne
Déjà observée graphiquement
Test de Lévène
Welch Two Sample t-test
data: OC_SATREL by MA_SEXE
t = 7.7311, df = 3845.9, p-value = 1.352e-14
alternative hypothesis: true difference in means between group 1 and group 2 is not equal to 0
95 percent confidence interval:
0.2616953 0.4395226
sample estimates:
mean in group 1 mean in group 2
8.708384 8.357775
Le résultat fournit :
Questions
1. La p-value est-elle inférieure à 0,05 ?
Oui (p-value = 1.352e-14)
Cette valeur est inférieure à 0,05.
2. L’intervalle de confiance contient-il 0 ?
Non. (IC95% = [0.262 ; 0.440]) Toutes les valeurs de l’intervalle sont positives.
3. Les données sont-elles compatibles avec l’hypothèse d’égalité des moyennes ?
Non. Les données observées seraient très peu probables si les femmes et les hommes avaient exactement la même moyenne dans la population.
On rejette donc l’hypothèse d’égalité des moyennes.
Le test suggère une différence moyenne de satisfaction relationnelle entre les femmes et les hommes.
On observe :
Cependant :
une différence statistiquement significative n’est pas forcément une différence importante.
Sur une échelle de 0 à 10 :
un écart d’environ 0,35 point reste relativement faible.
Une p-value faible ne signifie pas :
que la différence est importante.
Elle signifie seulement :
que les données sont peu compatibles avec l’hypothèse d’égalité des moyennes.
Avec de grands échantillons :
Le test \(t\) répond à :
« Existe-t-il une différence entre les groupes ? »
Mais souvent la vraie question est :
« Cette différence est-elle importante ? »
Pour cela, on utilise une mesure de taille d’effet.
Une mesure classique est le d de Cohen.
L’idée est simple :
Autrement dit le d de Cohen indique si la différence observée est grande ou petite relativement à la dispersion des réponses.
Par exemple :
Le \(d\) de Cohen standardise donc la différence observée afin de faciliter son interprétation.
Balises de Cohen :
| d | Interprétation |
|---|---|
| 0,2 | effet faible |
| 0,5 | effet modéré |
| 0,8 | effet fort |
Exemple :
NB : un \(d\) de Cohen peut être supérieur à 1, car il s’agit d’une différence d’écart-types…
Imaginons deux situations :
Mais :
Le d de Cohen sera plus élevé dans le premier cas.
Pourquoi ?
Parce que la même différence représente davantage lorsqu’elle est observée dans un groupe peu dispersé.
Cohen's d | 95% CI
------------------------
0.24 | [0.18, 0.30]
- Estimated using pooled SD.
Questions
d = 0,24 correspond à une taille d’effet faible.
Cela signifie que :
La différence est statistiquement significative, mais son ampleur reste relativement faible.
ATTENTION au risque d’artefacts
Pour interpréter correctement une comparaison :
Aucun indicateur ne suffit à lui seul.
Question : Les femmes et les hommes présentent-ils le même niveau moyen de satisfaction relationnelle ?
Nous observons :
Le test \(t\) indique que :
La taille d’effet est :
Les femmes déclarent en moyenne une satisfaction relationnelle légèrement plus élevée que les hommes.
Cette différence est statistiquement significative, mais son ampleur reste faible.
La taille de l’échantillon étant importante, les écarts ressortent plus facilement et le résultat est à prendre avec prudence.
On peut observer :
Cela signifie :
une différence probablement réelle,
mais :
d’importance pratique limitée Risque d’artefact
Comme pour le V de Cramer en séance 2 :
statistiquement significatif ne veut pas dire scientifiquement important.
Question :
Les personnes ayant des enfants cohabitants déclarent-elles le même niveau de satisfaction relationnelle que celles n’ayant pas d’enfant cohabitant ?
Variable quantitative : OC_SATREL
Variable qualitative : enf_cat
Jusqu’ici, le test t permettait de comparer :
une variable quantitative entre deux groupes.
Mais souvent, on souhaite comparer plus de deux groupes.
Exemple :
La satisfaction relationnelle varie-t-elle selon le niveau de diplôme ?
Variable quantitative : OC_SATREL : satisfaction de la relation
Variable qualitative : MC_DIPLOME : niveau de diplôme
On pourrait comparer les groupes deux à deux :
Mais :
plus on multiplie les tests, plus on augmente le risque de trouver une différence “significative” par hasard (faux positifs)
C’est le problème des comparaisons multiples.
L’ANOVA permet de comparer :
les moyennes d’une variable quantitative entre plusieurs groupes.
Elle répond à une question globale :
au moins un groupe a-t-il une moyenne différente des autres ?
Hypothèse nulle :
toutes les moyennes sont égales dans la population.

Questions
. . .
Aucune différence très marquée n’apparaît visuellement entre les niveaux de diplôme.
Le graphique suggère des différences faibles, mais seule une analyse statistique permettra de déterminer si elles sont compatibles avec le hasard.
# A tibble: 9 × 4
MC_DIPLOME moyenne ecart_type n
<ord> <dbl> <dbl> <int>
1 Aucun 8.37 1.70 430
2 CEP 8.51 1.54 357
3 Brevet 8.46 1.45 281
4 CAP/BEP 8.43 1.49 1152
5 BAC technique ou pro 8.59 1.32 291
6 BAC général 8.63 1.36 257
7 BAC +2 8.60 1.21 414
8 >BAC+2 8.56 1.44 797
9 <NA> 8.45 1.65 40
Questions
. . .
Écart maximal : 8.60 - 8.43 = 0.17
Soit moins de 0,2 point sur une échelle de 0 à 10.
Les différences observées paraissent relativement faibles.
Question suivante :
Ces écarts sont-ils compatibles avec le hasard ou traduisent-ils une différence réelle entre niveaux de diplôme ?
Vérifier les conditions d’application :
Les valeurs doivent se répartir de façon homogène autour de la valeur moyenne entre les groupes
Test de Lévène
Levene's Test for Homogeneity of Variance (center = median)
Df F value Pr(>F)
group 7 5.2296 5.929e-06 ***
3971
---
Signif. codes: 0 '***' 0.001 '**' 0.01 '*' 0.05 '.' 0.1 ' ' 1
NB : Il est recommandé de ne pas faire d’ANOVA quand l’homogénéité des variances n’est pas respectée, mais de se tourner vers d’autres tests (non-paramétriques par exemple)
Df Sum Sq Mean Sq F value Pr(>F)
MC_DIPLOME 7 27 3.808 1.783 0.0862 .
Residuals 3971 8480 2.136
---
Signif. codes: 0 '***' 0.001 '**' 0.01 '*' 0.05 '.' 0.1 ' ' 1
40 observations effacées parce que manquantes
L’ANOVA permet de tester :
les niveaux moyens de satisfaction relationnelle sont-ils identiques pour tous les niveaux de diplôme ?
Hypothèse nulle :
toutes les moyennes sont égales dans la population.
Df Sum Sq Mean Sq F value Pr(>F)
MC_DIPLOME 7 27 3.808 1.783 0.0862 .
Residuals 3971 8480 2.136
---
Signif. codes: 0 '***' 0.001 '**' 0.01 '*' 0.05 '.' 0.1 ' ' 1
40 observations effacées parce que manquantes
Questions
. . .
Les données sont compatibles avec l’hypothèse d’égalité des moyennes.
On ne rejette pas l’hypothèse nulle.
Nous avions observé :
Cependant :
ces différences sont faibles au regard de la variabilité observée dans les données.
Le test ANOVA suggère donc que :
les écarts observés peuvent être expliqués par les fluctuations d’échantillonnage.
Conclusion :
nous ne mettons pas en évidence de différence de satisfaction relationnelle selon le niveau de diplôme.
L’ANOVA répond à une question globale :
Toutes les moyennes sont-elles identiques ?
Elle ne permet pas de savoir quels groupes diffèrent précisément.
Par exemple, si l’ANOVA est significative :
Pour répondre à ces questions, on peut utiliser :
Ce test compare chaque groupe à tous les autres tout en contrôlant le risque d’erreur lié à la multiplicité des tests.
Une différence peut s’observer globalement, mais pas entre certains groupes.
Les comparaisons post-hoc consistent à comparer :
chaque groupe avec tous les autres groupes.
Mais ici :
Il n’est donc pas nécessaire de rechercher quels groupes diffèrent.
En pratique :
on réalise généralement les tests post-hoc uniquement lorsque l’ANOVA est significative.
L’ANOVA répond à la question :
Existe-t-il une différence entre les groupes ?
Mais elle ne dit pas :
Quelle est l’importance de cette différence ?
Pour cela, on utilise une taille d’effet :
Ces indicateurs mesurent :
la part de la variabilité de la variable expliquée par le facteur étudié.
NB : Ils sont compris entre 0 et 1
L’idée est simple :
quelle proportion des différences observées entre individus est associée au niveau de diplôme ?
Exemples :
Plus η² est élevé :
plus le facteur est associé à la variable étudiée.
Résultats :
Eta²
# Effect Size for ANOVA
Parameter | Eta2 | 95% CI
------------------------------------
MC_DIPLOME | 3.13e-03 | [0.00, 1.00]
- One-sided CIs: upper bound fixed at [1.00].
Omega²
# Effect Size for ANOVA
Parameter | Omega2 | 95% CI
------------------------------------
MC_DIPLOME | 1.38e-03 | [0.00, 1.00]
- One-sided CIs: upper bound fixed at [1.00].
Questions
. . .
Le niveau de diplôme explique une part extrêmement faible des différences de satisfaction relationnelle.
Cette conclusion est cohérente avec :
Question :
Les niveaux de satisfaction relationnelle diffèrent-ils selon le diplôme ?
Nous observons :
Le test ANOVA indique :
La taille d’effet indique :
Les données ne mettent pas en évidence de lien entre niveau de diplôme et satisfaction relationnelle.
Nous avons utilisé :
Tous ces outils permettent :
d’évaluer des associations dans les données.
Mais plusieurs pièges peuvent conduire à des conclusions erronées.
Imaginons :
Même si aucun effet réel n’existe :
il existe environ 5 % de risque d’obtenir un résultat significatif par hasard.
Supposons :
Avec un seuil de 5 % :
on s’attend en moyenne à environ un résultat significatif simplement par hasard.
Plus on teste :
Un faux positif correspond à :
conclure à une association alors qu’elle n’existe pas dans la population.
Les faux positifs peuvent apparaître :
On calcule :
Puis on conserve uniquement les résultats significatifs.
combien de résultats auraient pu apparaître significatifs simplement par hasard ?
. . .
Environ 5 % des résultats pourraient apparaître significatifs uniquement par hasard.
Lorsque l’on explore les données :
Un résultat exploratoire n’est donc pas nécessairement faux :
mais il doit être considéré comme une piste à vérifier.
L’analyse confirmatoire vise précisément à :
Toutes les méthodes vues jusqu’ici supposent généralement :
que les observations sont indépendantes.
Autrement dit :
connaître la réponse d’un individu ne doit pas permettre de prédire directement celle d’un autre.
Exemples :
Les observations se ressemblent souvent davantage à l’intérieur d’un même groupe.
Lorsque les observations sont corrélées :
Le risque de faux positifs augmente.
Imaginons :
On mesure :
Question :
dispose-t-on réellement de 1000 observations indépendantes ?
Non.
Les plantes d’une même parcelle partagent souvent :
Lorsque les données présentent une structure particulière :
on utilise souvent :
Ces méthodes cherchent à tenir compte explicitement de la dépendance des observations.
Imaginons :
Question : Ce résultat est-il important ?
Pas forcément. Avec de grands échantillons :
C’est pourquoi il faut toujours regarder :
Une p-value répond à la question « existe-t-il probablement un effet ? »
Une taille d’effet répond à la question « cet effet est-il important ? »
Ce problème est encore plus important lorsque l’on réalise :
Même en l’absence d’effet réel :
certains résultats peuvent devenir significatifs par hasard.
Nous avons déjà rencontré ce problème lors de la séance 2.
Pour limiter ce risque, on peut utiliser :
Plus on multiplie les tests, plus l’interprétation doit être prudente.
Depuis la séance 1, nous avons toujours suivi la même démarche :
Les méthodes changent, mais la logique reste la même.
| Question | Outil principal |
|---|---|
| Deux variables qualitatives | Khi² |
| Deux variables quantitatives | Corrélation |
| Une variable quantitative, deux groupes | Test t |
| Une variable quantitative, plusieurs groupes | ANOVA |
La méthode dépend toujours de la nature des variables.
Pour deux variables quantitatives :
Pour comparer des groupes :
Une moyenne est :
une estimation.
Elle dépend :
C’est pourquoi :
Mme Cauchy obtient une moyenne de 10.5 pour sa classe de 5ème
M. Germain obtient une moyenne de 10.5 pour sa classe de 5ème
La moyenne est-elle toujours l’indicateur le plus adapté pour rendre compte d’une distribution ?
Une corrélation :
n’est pas une causalité.
Une association peut refléter :
Les données seules ne suffisent pas toujours à établir une explication.
Une p-value :
n’est pas une taille d’effet.
Une p-value répond à :
« Les données sont-elles compatibles avec l’hypothèse nulle ? »
Une taille d’effet répond à :
« L’association observée est-elle importante ? »
Toutes les variables numériques :
ne sont pas forcément des mesures quantitatives.
Certaines variables correspondent à :
Le choix de la méthode dépend :
La plupart des méthodes classiques supposent :
des observations indépendantes.
Lorsque cette hypothèse est violée :
Cette hypothèse est souvent aussi importante que le choix du test lui-même.
Jusqu’ici, nous avons surtout étudié :
Mais dans beaucoup de recherches, on dispose de nombreuses variables.
Exemple ici :
plusieurs variables d’opinion sur le couple, la famille et la parentalité.
Question :
comment repérer rapidement quelles variables sont liées entre elles ?
Lorsque plusieurs variables sont corrélées entre elles, on peut se demander :
existe-t-il des dimensions plus générales derrière ces variables ?
Par exemple :
Ces questions ouvrent vers :
C’est l’objet de la séance suivante.
Lorsque les données comportent :
il devient difficile de tout analyser variable par variable.
Nous verrons comment :
Outils abordés : ACP, ACM, classification.
Comment passer d’une multitude de variables à quelques grandes structures interprétables ?
On a vu :
Mais :
Séance 4 : Structurer
Séance 5 : Modéliser
Comment choisir ?
Pearson
Spearman